Enfin un lifting pour le latin !!!

Chers parents,

Vous vous rappelez bien souvent avec douleur vos cours de latin au collège : longs, rébarbatifs, ennuyeux, axés uniquement sur la grammaire, le vocabulaire et la traduction. Nous avons ces souvenirs traumatisants en commun. J’ai eu moi aussi ces professeurs aigris, ou ces autres au chignon serré, qui nous réprimandaient sévèrement si nous ne savions pas traduire un extrait de la Guerre des Gaules ou d’un discours de Cicéron. Tout cela était si éloigné de nos autres matières, de l’actualité et de nos préoccupations d’ados ! J’avoue que je me suis battue pour arrêter le latin à mon entrée en seconde. Mais à l’époque mes parents m’ont forcé la main, et j’ai dû poursuivre…

Bien leur en a pris ! Car au lycée, j’ai découvert le latin tel qu’il devrait toujours être enseigné : mon professeur, avant-gardiste, nous a montré alors que les centres d’intérêt des Romains, leur humour, leur mode de vie n’étaient pas si éloignés des nôtres. Je me suis passionnée pour cette culture et pour cette langue, tant et si bien que j’ai entrepris des études de lettres classiques pour partager ma passion du latin et du grec ancien.

Hélas, je le sais bien! Je suis une exception. Trop de parents gardent en mémoire une expérience désastreuse et refusent que leur enfant prenne l’option en 5ème. Je ne peux leur en vouloir ; je sais les dégâts que la matière a causés… Mais je voudrais que ces parents découvrent le nouveau visage du latin, pour sauver notre patrimoine culturel. Car bientôt l’option disparaîtra, faute d’élèves. Or dans notre société, savoir d’où l’on vient est indispensable pour décider où aller.

« Qui prend le passé pour racine, A pour feuillage l’avenir. »

disait déjà au XIXème siècle le grand Victor Hugo (extrait de « la Fonction du poète », les Rayons et les Ombres – 1830) !

De plus, depuis quelques années, l’enseignement du latin a énormément changé. Aujourd’hui la façon dont on me l’a appris au lycée est devenue méthode officielle de l’éducation nationale, ratifiée par les bulletins officiels du ministère de l’Education Nationale de 2009.

Adieu versions, thèmes et dictionnaire impossible à transporter ! Et bonjour civilisation, sites internet et activités en tout genre ! Désormais l’accent est mis sur la culture générale, l’histoire et la civilisation antiques. On montre aux enfants les ressemblances entre notre époque et celle des Latins. La langue est encore enseignée, mais progressivement. Le thème disparaît enfin !

De nos jours, les élèves découvrent les méthodes de version (traduction) avec leur professeur, en classe, à la mi-4ème, et approfondissent ces méthodes en 3ème. Plus de dictionnaire à acheter ; plus d’exercices laborieux à faire à la maison !En revanche, j’ai à cœur de montrer le vrai visage du latin. Chaque année, c’est de façon ludique et dans la bonne humeur que j’essaie d’enseigner le latin à ceux qui ont encore le courage et la curiosité de prendre l’option. Nous travaillons en partenariat avec beaucoup d’organismes.

Dans le Nord et en Belgique, beaucoup de sites archéologiques et d’associations proposent de découvrir l’antiquité autrement, par des activités où des reconstitutions historiques sont proposées aux élèves.

En 2011, nous avons proposé aux latinistes un voyage en Italie; en 2012, une sortie d’une journée au site archéologique de Bavay (Bagacum) ainsi qu’une journée d’animation, avec l’organisme de reconstitution historique « Bagaconervio », ont été mis en place. Et c’est sans compter les nombreuses heures passées au CDI, les expositions, les films, les travaux pratiques…

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